Patrick Bruel. Dans le Finistère cette semaine
Vendredi et samedi, Patrick Bruel séjournera dans le Finistère pour deux concerts en acoustique, à Plougastel-Daoulas et Quimper. La «Bruelmania» ayant laissé de jolies traces, l'artiste retrouvera un public acquis mais aussi à conquérir. Rencontre. Seul, en acoustique, dans des grandes salles, c'est un retour aux sources? On peut dire ça, sauf que les salles sont beaucoup plus grandes.
On peut parler de coup de poker? J'avais deux mois de libres et tellement envie de le faire. Mais j'avoue que le jour de la première à Colombes, je n'en menais pas large. Depuis, je vis des instants magiques.
Vous souvenez-vous de votre première scène? Celle où il fallait payer pour me voir, c'était à Belfort, en 1986. Une semaine avant, j'ignorais qu'il fallait des musiciens. Patrick Sébastien m'a présenté le chef d'orchestre René Coll qui m'a dépanné.
Et en Bretagne? Là, c'était tout seul, pour des radios FM qui inondaient les ondes avec «Marre de cette nana». Je me souviens d'un passage à Quimperlé, en 1984, où j'ai chanté deux titres.
Vous allez passer deux jours dans le Finistère auquel vous êtes, semble-t-il, attaché... Mon ex-belle famille habite Brest et j'ai gardé d'excellentes relations avec elle. Et puis, j'adore séjourner à Bénodet, devant le port.
Vous arrivez dans une région à forte identité. Vous-mêmes, vous sentez-vous porté par vos racines? C'est évident. Je trouve indispensable de défendre son patrimoine. Et la Bretagne, comme le Pays Basque ou la Corse sont des trésors. Cette Bretagne m'a touché en plein coeur lors d'une virée à Saint-Malo. J'ai été frappé par l'authenticité d'un fest-noz. Ça marque...
Au fait, vous n'êtes jamais passé aux VieillesCharrues? Non. Ça n'a jamais été possible. Mais j'aimerais bien les faire. Les amis qui en reviennent m'en parlent avec des lumières plein les yeux. Ça donne envie, vraiment. Et puis Springsteen, là, c'est un coup de génie!
Vos racines en matière de chanson française, ce sont Brel, Brassens, Gainsbourg? Et Reggiani! Ma première grande émotion sur scène. À partir de là, j'ai passé des heures devant la glace à travailler. Et quand j'ai fait «L'Italien» en duo avec lui, quelle émotion!
Karim Kacel enregistre Reggiani, Pagny chante Brel. Vous n'êtes pas tenté par quelqu'un? J'aurais peut-être fait Brel si Florent ne l'avait pas pris. Disons que j'ai une petite idée. Nous verrons.
Côté cinéma, si l'on vous compare à Montand dans la façon de mener la carrière? C'est flatteur ça. Je prends
Jean-Jacques Goldman, à part avec Les Enfoirés, s'est mis en retrait du métier. Ça pourrait vous arriver? Oh non, pas possible! Mais je ne m'inquiète pas pour lui, ça le reprendra un jour.
Les Restos du coeur, c'est un contrat moral? Absolument. Je bloque la date d'une année sur l'autre.
Propos recueillis par Gérard Classe pour Le Télégramme.com
Le 17 mars 2009
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